samedi 2 février 2008

Samedi 2 février

Ce matin, un sondage BVA-La Dépêche nous donne gagnants à Tarbes avec un écart de 4 points au second tour (52-48). Je suis pressé de toutes parts de commenter cette information qui fait la une de la presse locale. Je veux garder mon sang-froid.

D’abord, je veux éviter les propos convenus sur les sondages : ou bien ils sont bons et on croit que « c’est arrivé », ou bien ils sont mauvais et on dit « les sondages ne veulent rien dire ».
Moi, je prends les sondages pour ce qu’ils sont, une photo, une image prise à un instant donné. C’est donc la vérité du jour du sondage. Mais la campagne, ce n’est pas une photo, c’est un film qui dure encore 5 semaines. Est-ce que ça sera la vérité du jour de l’élection ? Prudence. Prudence et mobilisation.

Cela dit, cette photo montre que « c’est jouable », c’est tout. Je le dis tous les jours depuis le début de cette campagne : nous partons pour gagner mais nous ne partons pas gagnants. Nous savons que le candidat sortant est le tenant du titre et que nous sommes les challengers. Après ce sondage, nous sommes toujours les challengers.

Ce qui m’importe aujourd’hui et dans les jours qui viennent, ce n’est pas de commenter des chiffres, c’est de faire une campagne constructive, proposer notre projet pour Tarbes et être utiles aux Tarbaises et aux Tarbais. Cela reste ma ligne de conduite.

mercredi 30 janvier 2008

Mardi 29 janvier

Sur les marchés de Tarbes, au Marcadieu jeudi, à Brauhauban samedi, comme dans les très nombreuses réunions de proximité, on a senti, ces derniers jours, un retour notoire du débat politique national. SARKOZY en est la cause : d'abord, parce qu'après ses nouvelles frasques de milliardaire pendant les fêtes, sa conférence de presse de mi-janvier sur le ton « circulez, y a rien à voir, les caisses sont vides » est intervenue comme une douche froide et les sondages ont basculé ; ensuite parce que le président-touche-à-tout fait une déclaration tonitruante sur le thème « on va politiser les municipales » ! Bien sûr, il est intervenu juste après – à Pau me semble-t-il – pour dire qu'il n'avait jamais dit ça .... sur la pression des élus de Droite qui ne veulent pas entendre parler de cette politisation puisque, c'est bien connu, ils sont « apolitiques » !

Trop tard, le débat est lancé : le scrutin sera-t-il local ou national ? Et beaucoup de citoyens nous interrogent puisque tous les médias ont repris la question.
Scrutin municipal après scrutin municipal, ma réponse est invariable : les deux mon capitaine !
Bien sûr, quand nous sommes candidats à Tarbes, nous les 43 membres de la liste que j'ai la fierté de conduire, nous le faisons comme citoyens tarbaises et tarbais s'adressant aux habitants et électeurs de cette ville pour leur proposer un projet municipal et construire l'avenir de notre ville. Jusque là, me direz-vous, on est bien dans un scrutin local. Exact. Mais notre démarche n'est pas « apolitique » ni déconnectée des grands débats politiques : notre démarche est celle de citoyens engagés pour leur ville....et pour des valeurs !

Et nos propositions pour Tarbes sont bien imprégnées de ces valeurs, de notre conception de la société et du vivre-ensemble, de notre volonté de traduire concrètement notre idée de la solidarité et de la justice sociale ! Et tout cela nous renvoie bien à des débats nationaux !! Comment, par exemple, relancer la construction de logements sociaux à Tarbes si Madame BOUTIN réduit drastiquement les crédits de l'Etat pour ce secteur ? Et comment construire des dispositifs de réussite éducative si Monsieur DARCOS supprime encore des postes, des classes, des écoles ?

J'arrête là. On voit bien que le scrutin, comme toujours sera local, teinté de national et que les deux facteurs seront intimement liés. On voit bien que le débat, local, opposera à Tarbes, comme ailleurs, un député socialiste et un représentant local de M. SARKOZY et de l'UMP. Quoiqu'en dise ce dernier. Les électeurs ne sont pas dupes.

lundi 28 janvier 2008

Dimanche 27 janvier

La commission Attali rend son rapport et 316 propositions pour –dixit- « libérer la croissance de la France ».

J’ai toujours pensé des commissions et des groupes de travail qu’il suffisait de savoir comment ils étaient composés pour deviner le fruit de leur travail. Celle-là n’échappe pas à la règle : que des crânes d’œufs ! Que des premiers de la classe ! Que des bac + 10 ! Que des success-story ! Pas un ouvrier, pas un employé, pas un chômeur, pas un Rmiste…un seul syndicaliste ou plutôt un « ex ». Bref, pas un « monsieur ou madame tout le monde ». Et vous voulez que je vous donne un résultat pour tout le monde ? Mission quasi-impossible….
J’ajoute que j’entends le président de la commission dire « c’est à prendre ou à laisser, c’est tout ou rien, les 316 propositions ou nous n’accepterons pas que nôtre travail soit dénaturé », je suis plus que perplexe. Je deviens rétif. Eh quoi, la parole d’expert serait parole d’évangile ? Personne ne serait digne d’en discuter ? Ni le Parlement – voilà la République des experts – ni le peuple – voilà la dictature des savants ?

Bonjour la démocratie moderne !

Enfin, quand j’entends le même président de commission proposer la suppression des départements – le débat est recevable mais il mérite mieux que cet emporte-pièce – en argumentant que la « seule raison de persister est de payer des revenus aux élus », alors là, une nausée m’envahit et me donne une formidable envie de vomir : le populisme ne fait pas que des émules à l’extrême droite.

Samedi 26 janvier

Pour sortir du train-train habituel des campagnes électorales autour du trépied « présence sur les marchés – réunions publiques dans les quartiers – porte à porte dans tous les foyers », nous avons décidé d’ajouter une quatrième corde à notre arc : les réunions de proximité ou encore « réunions d’appartements ». Dans le temps, une marque célèbre de boîtes hermétiques –Tupperware- a construit un succès commercial de la sorte. Le principe en est simple : un ou une candidate, un ou une sympathisante invite ses voisins, ceux de la cage d’escalier ou de son lotissement à boire un verre ou un café et à rencontrer quelques candidats de la liste. C’est un mode d’échange beaucoup plus personnalisé que la réunion publique où l’on ne voit que des convaincus avec lesquels on n’a pas de contacts personnels, et plus fructueux que le porte à porte où l’on dérange les gens chez eux pour ne passer que 2 ou 3 minutes avec eux, sur leur palier…

Là, on passe trois quart d’heure ou une heure avec 15 ou 20 personnes, et l’échange est détendu, humain, riche.

J’en ai tenu une dizaine cette semaine, mais nous allons monter en régime : bientôt nous en serons à une vingtaine par semaine afin de bien quadriller le ville, n’oublier aucun pâté de maison, aucune rue.

Une campagne électorale est une période de belles et intense rencontres avec ses concitoyens.

Vendredi 25 janvier

Aucune campagne électorale ne ressemble à une autre. Parce que les scrutins ne sont pas les mêmes, et les limites géographiques non plus.

Dans une commune ou un canton rural, avec un bon investissement personnel, on peut faire le tour des tous les foyers en porte à porte. Dans une circonscription législative comme la mienne, qui regroupe 100 communes et 10 cantons, ce n’est pas envisageable ! Mais on peut rendre visite à toutes les communes, tenir une réunion dans chaque canton.
Dans les scrutins uninominaux, on est seul avec sa suppléante (ou son suppléant), entouré il est vrai de militants et sympathisants dévoués.
Ce que j’aime dans le scrutin municipal, c’est que c’est un sport d’équipe. Et donc une histoire encore plus humaine.

Et être tête de liste, c’est être capitaine de l’équipe. Un capitaine qui est aussi entraîneur et joueur. Celui qui anime les négociations, les discussions, les échanges qui président à la sélection des membres de la liste. Qui veille à la réalisation d’un subtile équilibre pour la composition de la liste. Car celle-ci, si elle doit être paritaire entre les hommes et les femmes, ce que la loi impose justement, doit aussi être aussi cohérente politiquement et ouverte, rassemblée et diverse, expérimentée et renouvelée. Bref, à l’image de la société.
Capitaine d’équipe pour construire un esprit d’équipe, une solidarité dans la liste, pour faire la preuve que la politique est une aventure collective et non une somme d’aventures individuelles.

Capitaine d’équipe pour déléguer aussi et organiser l’efficacité. J’ai trop connu dans les campagnes présidentielles d’organigrammes à rallonges (sous Mitterrand comme sous Jospin !) qui, comme les armées mexicaines ne font que diluer les responsabilités. J’aime bien savoir qui fait quoi et responsabiliser ceux qui s’engagent.

Capitaine d’équipe enfin pour motiver, rassurer, calmer… Nous partons pour gagner mais nous ne partons pas gagnants : je me méfie de ces matches soi-disant gagnés d’avance et qui réservent de si mauvaises surprises….

A Tarbes, le maire sortant est UMP. Et l’on sait l’avantage considérable que procure ce statut. Il est le tenant du titre, nous sommes donc les challengers. C’est à nous de faire le jeu et d’imposer notre chance.